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psycho bel_2010_septembreArticle de Psychologie Magazine Belgique - Septembre 2010

Estime de soi, développement personnel, quête du bonheur, travail psychologique, réflexion philosophique, ne serions-nous pas en train de regarder notre nombril d'un peu trop près ? C'est une question que je me pose, en tant qu'homme mais aussi en tant que médecin et psychothérapeute. L'idée n'est pas de nous accuser d'égocentrisme mais plutôt de comprendre pourquoi les questions psychologiques et philosophiques prennent une place croissante dans nos sociétés. Une partie de l'explication me paraît résider dans la manière confortable dont nous vivons. En effet, le confort a un prix. Performance, surenchère, stress et surmenage. Vitesse, déracinement et disparition des repères. Perte de sens, manque d'espoir et dépression. Le mal-être est important. Le besoin de remèdes est criant. Cela signifie-t-il que les préoccupations d'ordre psychologique et philosophique sont l'apanage des sociétés nanties comme la nôtre ?

 

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Article de la LLEH du 02/04/2006

Divinités de la mythologie, ancêtres idéalisés ou figures légendaires de l’Histoire, les héros de notre imaginaire représentent une source d’inspiration fertile. Celle-ci nous invite au dépassement de nous-même. Le stimulus est puissant, indispensable peut-être. Dès lors, certains sociologues s’interrogent. Car, dans une époque où les références religieuses, le culte des morts et les connaissances historiques s’estompent, les nouveaux héros de la presse people remplacent peut-être les modèles exemplaires du passé. Le succès de certains magazines semble confirmer cette hypothèse. Aurions-nous besoin d’être fascinés par l’un ou l’autre personnage emblématique ? De nombreux psychologues pensent que oui. Et, selon une étude réalisée par Robert Deaner de l’université de Durham, nous partagerions cette propension avec nos cousins les singes. En effet, des macaques mâles adultes préfèrent se passer de nourriture plutôt que d’être privés de la possibilité de contempler des photographies des mâles dominants de leur groupe. En revanche, regarder les photos des mâles dominés ne les intéresse guère. L’attrait pour les stars de la horde se révèle donc une priorité. Et Deaner a montré que cette attirance est au moins aussi importante que l’intérêt manifesté pour les organes sexuels des femelles de l’espèce !

 

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05 12 03 LLEH Rire fait rire

Article de la LLEH du 03/12/2005

La Tanzanie s’appelait encore Tanganyika, lorsqu’en 1962, une étrange épidémie se déclara au sein d’un collège religieux pour jeunes filles. En quelques semaines, comme un feu se répand dans la brousse, des dizaines d’élèves furent prises d’accès de rire et d’agitation qui duraient quelques minutes ou plusieurs heures, se répétaient au cours de la journée, et persistaient parfois jusqu’à deux semaines d’affilée. Très vite, les portes de l’institution durent fermer et les jeunes filles furent renvoyées chez elles, propageant l’épidémie au sein de leur famille, de leur village et d’autres écoles de la région. Durant deux années et demi, 14 écoles furent contaminées par la vague des fous rire et seule la mise en quarantaine des villages infectés permit de mettre un terme à ce fléau comique. Aucune cause toxique ou physiologique n’a pu être mise en évidence. On en conclut que l’épidémie était d’origine psychologique, déclenchée par un phénomène de synchronisme social auquel l’être humain – animal social s’il en est – semble particulièrement sensible. « Riez et tout le monde rira avec vous », écrivait Ella Wheeler Wilcox. Comme les bâillements, les pleurs ou la toux, le rire se propage au sein des groupes humains dans une succession de réactions en chaîne, immédiates et incontrôlables.

 

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06 03 03 LLEH Intuitions indiennes

Article de la LLEH du 03/03/2006

Doté d’un cerveau composé de deux hémisphères, chacun de nous appréhende la réalité de manières très différentes. Et pour cause : notre cerveau gauche est spécialisé dans l’analyse et les raisonnements logiques, il décrypte le monde dans ses moindres détails. Notre cerveau droit, de son côté, est capable de percevoir l’information d’une manière métaphorique et analogique, il crée des liens et développe une pensée intuitive et globale. Si le cerveau gauche était un mathématicien, le droit serait un poète. Raison ou intuition ? Analyse détaillée ou vision d’ensemble ? La réponse à cette question est souvent un choix culturel.

 

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05 11 05 LLEH Je suis timide maisArticle de la LLEH du 05/11/2005

Manque de confiance en soi, peur de décevoir, sentiment d’être inintéressant, conviction de paraître ridicule. « S’il faut agir, je ne sais que faire; s’il faut parler, je ne sais que dire; si on me regarde, je suis décontenancé », écrivait Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions. « La timidité a été le fléau de toute ma vie », avouait Montesquieu dans Mes Pensées. Car la vie du timide est faite d’occasions manquées, d’isolement et de frustrations. La tentation d’éviter les situations embarrassantes est grande. Et la peur de rougir, une obsession. Ereutophobie, dit-on en langage savant. Le drame du timide est alors de voir ses prophéties se réaliser. Et pour cause : à force de redouter de trembler ou de rougir, il finit par provoquer les réactions du corps qui trahissent sa crainte et son malaise. Car le corps ne triche pas. La timidité est toujours l’occasion d’un stress intense : l’adrénaline coule à flot dans les artères, les battements du cœur s’accélèrent, les muscles se tendent, l’estomac se contracte, des gouttes de sueur perlent sur le front, les mains sont moites, les joues chauffent. L’organisme tout entier est en alerte. L’inconfort est maximal. Il y a une dizaine d’année, une enquête révélait que 60% des Français se considéraient timides. Parfois, le trouble tourne à la véritable phobie : terrorisé, l’individu annule ses rendez-vous, il ne répond pas au téléphone, il ne correspond que par e-mail et, s’il doit quand même affronter le regard de l’autre, il se donne du courage en consommant de l’alcool. Cette anxiété sociale toucherait 2 à 10% de la population.

 

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Thierry Janssen

Médecin et psychothérapeute

Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société (www.thierryjanssen.com). Il enseigne au Centre universitaire SigmundFreud, à Paris (www.sfu-paris.fr) et il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique, à Bruxelles (www.edlpt.com).

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Ouvrages

Le Travail d’une vie (2001), Vivre en paix (2008), La Solution intérieure (2011), La maladie a-t-elle un sens? (2010), Le Défi positif (2011), Confidences d’un homme en quête de cohérence (2012), tous réédités chez Marabout ou Pocket.