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    Article de Psychologie Magazine - Octobre 2014

    Il y a quelques années, l’une de mes amies, brillante avocate d’affaires, a fait ce que l’on appelle un burn-out. À l’époque, elle élevait seule ses deux enfants en culpabilisant de ne pas avoir suffisamment de temps à leur consacrer. Elle travaillait quinze heures par jour dans un cabinet juridique, où elle passait son temps à jouer des coudes pour gravir les échelons de la hiérarchie tout en se pliant à des règles de fonctionnement qui allaient à l’encontre de ses valeurs profondes. Elle a fini par craquer. Épuisée, découragée, accablée par un douloureux sentiment d’impuissance, elle ne voyait plus de sens à ce qu’elle faisait. Elle était désespérée. Après une brève hospitalisation, elle a entrepris une psychothérapie. Progressivement, elle a compris à quel point elle avait vécu à la superficie d’elle-même, déconnectée de ce qui lui était essentiel, aveuglée par ses croyances, dirigée par ses conditionnements, obnubilée par son exigence de performance, assoiffée de reconnaissance.

    Elle s’est rendu compte de son incapacité à écouter l’inconfort émotionnel et les tensions corporelles qui l’alertaient de sa déconnexion. Elle a donc décidé de se faire masser le corps pour développer plus de sensibilité. Elle s’est mise à pratiquer le yoga pour apprendre à respirer de façon consciente. Et, tous les matins, elle s’est efforcée de consacrer un peu de temps à la méditation. Après quelques semaines de cet « entraînement », elle a commencé à respecter des besoins essentiels qu’elle avait négligés jusqu’alors : dormir suffisamment, manger sainement, prendre du temps pour tisser des liens satisfaisants avec les autres,...

     

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    Article de Psychologie Magazine - Septembre 2014

    C’est la rentrée. Nos enfants vont reprendre le chemin de l’école. Fini de rêver et de s’amuser, il va falloir rester calme et attentif durant de longues heures de cours. Pour certains, cela ne sera pas facile. Ils seront peut-être diagnostiqués comme atteints d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) – une « maladie » dont l’incidence ne cesse d’augmenter. Dans les pays occidentaux, 3 à 5 % des enfants en souffriraient. Toutefois, le nombre des diagnostics se révèle moins élevé en Europe qu’aux États-Unis, où 10 à 20 % des écoliers sont jugés trop agités, impulsifs et inattentifs au point d’être traités par la Ritaline – un médicament psychostimulant apparenté aux amphétamines et inscrit sur la liste des stupéfiants.
    Des différences culturelles expliquent sans doute ces disparités. Mais pas seulement, car, de façon troublante, plus le marketing en faveur de la Ritaline est agressif, plus la médicalisation des enfants est importante. Il faut dire que cette kiddy coke – la « cocaïne des gamins » comme l’ont baptisée les Américains – a des effets probants chez de nombreux enfants. Leur concentration s’améliore, leur impatience diminue, leurs résultats scolaires deviennent nettement meilleurs. Faut-il pour autant encourager la prescription de cette molécule ? Je ne le pense pas. D’autres solutions méritent d’être explorées : la relaxation, la méditation, une prise en charge psychothérapeutique, le recours à la psychomotricité, la pratique d’un art martial, d’un sport ou de toute autre activité nécessitant un engagement mental et physique. Évidemment, de telles mesures prennent du temps e

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juillet-Août 2014

    Voici venu le temps des vacances. Une parenthèse dans nos vies agitées, pressées et stressées. L’occasion de ralentir, de nous poser et de nous reposer. Puis viendra le temps de la rentrée. La reprise de notre course effrénée. Il ne faudra pas longtemps pour connaître le même état d’épuisement que celui dans lequel nous étions avant de prendre des congés. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a là une forme d’absurdité.

    Pour beaucoup de gens, les vacances sont une soupape de sécurité qui les empêche d’exploser. Jamais dans son histoire l’être humain n’a été aussi souvent en congé. Pourtant, à entendre les plaintes des uns et des autres, il semble que jamais il n’a eu autant besoin de se reposer. Peut-être parce que jamais il n’a vécu d’une manière aussi agitée. Même lorsqu’il est en congé. Le simple fait de prendre connaissance du « programme » des activités de certains vacanciers suffit à nous épuiser.

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juin 2014

    Depuis que je pratique le qi gong, de nombreuses personnes m’interrogent à propos de ce qu’elles appellent le « zigon », le « tsikon » ou, pire, le « chicon » (c’est le nom que l’on donne à l’endive, en Belgique). La plupart le définissent comme une gymnastique lente que l’on pratique dans les parcs en Chine. C’est un peu court. Je profite donc de cette chronique pour vous expliquer de quoi il s’agit vraiment. Avant tout, je dois vous dire que le nom de cette discipline se prononce « tchi kong », et signifie « le travail du qi ». C’est un ensemble d’automassages, d’exercices respiratoires et de méditations en position statique et en mouvement, visant la maîtrise du qi.


    La notion de qi n’est pas facile à comprendre pour un esprit occidental. Nous la traduisons par le mot « énergie », energeia en grec : la « force en action ». Il s’agit, en fait, de l’ensemble de nos forces – la somme des énergies qui constituent notre vitalité. Tantôt physiques (mécaniques, thermiques, chimiques, électriques, magnétiques), tantôt psychiques (émotionnelles et intellectuelles), ces énergies sont transmutables ; elles forment un continuum qui est notre force vitale, le qi.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2014

    Beaucoup de gens me demandent comment repérer les charlatans qui, d’après eux, exercent en grand nombre dans le domaine des médecines non conventionnelles. Je réponds invariablement que, avant tout, il faut définir ce qu’est un charlatan. Est-ce forcément un escroc – c’est-à-dire quelqu’un qui cherche à s’emparer du bien d’autrui de façon malhonnête ? Est-ce toujours un imposteur – autrement dit une personne qui trompe volontairement les autres en se faisant passer pour ce qu’elle n’est pas ? Je ne le crois pas. Si l’on se réfère à la définition du dictionnaire, un charlatan exploite la crédulité des gens pour imposer ce qu’il a à leur vendre. Beaucoup de charlatans sont donc des escrocs, mais pas nécessairement des imposteurs car, le plus souvent, ils sont de bonne foi. Ils se croient bien informés et compétents alors que, en réalité, ils ne le sont pas, et c’est par inconscience et par ignorance qu’ils induisent les autres en erreur.

     

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  • 05 03 05 LLEH La sante sous influence

    Article de la LLEH du 05/03/2005

    On estime que 60 à 70% des patients répondent par un effet placebo à différents traitements. Certains pensent même que tout acte thérapeutique comporte un effet qui ne dépend pas spécifiquement du traitement mais plutôt de facteurs inhérents à la relation entre le thérapeute et le malade. Cependant ce qui marche dans un contexte culturel donné ne marchera pas forcément dans un autre. Les formules magiques des sorciers africains produiront peu d’effet sur un patient hospitalisé à New York ou à Bruxelles. Par contre, dans l’environnement thérapeutique occidental, le nombre de pilules prescrites, la taille des comprimés et leur couleur influence l’effet obtenu. Ainsi, la prise de deux comprimés d’un placebo est plus efficace que l’ingestion d’un seul. Les gélules et les capsules sont perçues comme plus bénéfiques que les comprimés. Les comprimés blancs, bleus et verts apaisent. Les jaunes, les rouges
    et les oranges stimulent.

     

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  • Pour Thierry Janssen, médecin devenu psychothérapeute, nos émotions sont notre moteur. Afin de préserver cette énergie, il est crucial d’être en harmonie avec nos pensées, notre discours et nos actes.

    Chirurgien, Thierry Janssen est devenu psychothérapeute en réaction à une médecine qu’il jugeait trop spécialisée, quand lui aurait privilégié une approche pluridisciplinaire, holistique. Après avoir pris brusquement conscience qu’il manquait de « cohérence », il s’est orienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladies physiques. Il est devenu un auteur et conférencier réputé. Certains de ses livres sont d’ailleurs des best-sellers, notamment « La Solution intérieure », « La maladie a-t-elle un sens ? » (Fayard, 2006 et 2008), « Le Défi positif » et « Confidences d’un homme en quête de cohérence » (Les liens qui libèrent, 2011 et 2012). Pour lui, l’être est un tout, fait de plusieurs composantes : la matière (le corps), l’énergie (les émotions) et l’information (les pensées), l’énergie étant le pivot permettant la communication entre corps et esprit. Pour éviter une déperdition d’énergie, et donc mettre toutes les chances de notre côté pour rester en bonne santé, il est crucial d’être « cohérent ». Explications.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2014

    Il y a quelques années, une jeune femme m’appela pour que je reçoive sa maman à ma consultation. Cette dernière souffrait d’un cancer du sein avec des métastases osseuses. En entendant le nom de la patiente, je me souvins l’avoir rencontrée cinq ans auparavant. Elle était alors venue me demander mon avis thérapeutique suite à la découverte d’une petite tumeur cancéreuse dans son sein droit. Ayant lu mon livre La Solution intérieure, cette dame considérait que je faisais partie des médecins avec « un esprit suffisamment ouvert » pour confirmer que son cancer était d’origine psychologique. Je lui avais répondu que, par souci de garder l’esprit ouvert (comme elle disait si bien), je n’étais pas d’accord avec elle. Car, à l’instar de la plupart des maladies, bon nombre de cancers sont probablement causés par un ensemble de facteurs qui, séparément, ne sont pas dangereux mais, agissant ensemble, entraînent une perturbation responsable de la cancérisation de certaines cellules. Parmi ces facteurs, il y a des prédispositions génétiques, des déséquilibres alimentaires, des influences toxiques, des lésions infectieuses et sans doute, chez certains patients, des tensions psychiques et du stress chronique. Affirmer que le cancer est d’origine exclusivement psychologique paraît aussi simpliste et caricatural que de dire que les troubles émotionnels et le stress n’interviennent jamais dans le phénomène de cancérisation. Face à ma réponse tout en nuances, la patiente avait quitté ma consultation en déclarant que je n’avais pas l’esprit aussi ouvert qu’elle l’avait imaginé. En dépit de mes recommandations, elle avait décidé de ne pas se faire opérer et encore moins de se soumettre à une chimiothérapie, persuadée qu’une psychothérapie suffirait à la guérir. Cinq ans plus tard, la petite tumeur du sein avait grossi au point de s’ulcérer à la peau et d’envahir le creux axillaire du côté droit.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Décembre 2013

    Il y a des informations en apparence anodines qui réveillent en nous une profonde réflexion. Dans ma chronique du mois de novembre 2013, je rapportais les résultats d’une étude publiée dans la revue Psychological Medicine, selon lesquels la spiritualité est un facteur de dépression, tant au niveau de l’apparition des symptômes dépressifs que de leur aggravation1. Je faisais remarquer qu’une telle conclusion va à l’encontre des idées reçues sur le sujet. Et, cherchant une explication à cette contradiction, j’ai émis l’hypothèse d’une définition erronée de la spiritualité. Car on ne peut pas réduire le fait spirituel, comme le font les auteurs de cette étude, à la croyance en une force ou en un pouvoir extérieur à soi. La spiritualité est, au-delà des croyances, une science de l’esprit des choses et des êtres ; elle suppose une profonde compréhension des liens qui relient tout ce qui existe ; elle aboutit à la connaissance du souffle – le spiritus latin – qui donne la vie. En ce sens, la spiritualité est une science de l’amour. Parcourir un chemin spirituel n’est pas facile. Cela demande d’être à la fois objectif et compatissant à l’égard de soi-même et des autres. Tout voir et ne rien juger. Exercer une sorte d’intransigeance bienveillante faite de discernement, d’honnêteté et d’humilité. Identifier l’ombre et la lumière en nous, sans jamais culpabiliser. Accepter de contempler qui nous sommes en essayant de comprendre la loi de causalité qui nous a façonnés. Et avoir le courage d’assumer notre responsabilité en changeant certaines causes pour obtenir d’autres effets. Car nous sommes appelés à apporter des réponses.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2013

    Dans son numéro du mois d’octobre 2013, la prestigieuse revue Psychological Medicine publiait les résultats d’une étude prospective internationale, sous le titre « Croyances spirituelles et religieuses en tant que facteurs déterminants pour l’apparition de dépressions majeures ». Dirigée par le professeur Michael King de l’University College de Londres, cette enquête a été effectuée par une équipe de médecins généralistes auprès de plus 8000 personnes, dans sept pays, sur une période d’un an. Elle conclut que les personnes ayant une pratique religieuse ou des préoccupations spirituelles sont touchées de manière plus intense par la dépression que les personnes ayant une manière de vivre plus terre-à-terre. Plus l’inclinaison religieuse ou spirituelle était forte au début de l’étude, plus le risque de dépression s’est révélé important. Et, lorsque les personnes montraient des symptômes dépressifs, leur religion ou leur spiritualité ne les aidait pas à aller mieux ; dans certains cas elle était même un facteur aggravant. Ces résultats indiquent donc qu’une perspective religieuse ou spirituelle affaiblit le bien-être des individus au lieu de le fortifier. Cela va à l’encontre de l’idée généralement admise (y compris dans le monde de la psychiatrie) d’un effet protecteur des pratiques religieuses et des croyances spirituelles face à l’adversité. Ainsi religion et spiritualité nuiraient à la santé mentale des individus.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Octobre 2013

    Jean a quarante ans, sa femme l’a quitté ; il a beaucoup souffert de cette séparation et le stress a déclenché chez lui un eczéma extrêmement étendu. Progressivement, au cours de son travail psychologique, il a compris que cette épreuve constituait une occasion inespérée de guérir une profonde blessure d’abandon. Jean a donc fini par accepter la rupture mais, au lieu de la subir comme une victime, il a décidé de transformer son expérience douloureuse en une source de croissance personnelle. « Je n’en pouvais plus de me sentir impuissant face à une situation que je n’avais pas choisie, explique-t-il. J’ai décidé de reprendre ma vie en main et d’agir d’une manière constructive. » Aujourd’hui, Jean affirme que le départ de sa femme a été une chance. Il se sent plus fort, plus construit, plus rempli. « Pas rempli par les autres, précise-t-il. Rempli de moi-même ! » Son eczéma va beaucoup mieux. Cécile a trente-six ans, elle souffre d’une insuffisance rénale ; depuis trois ans, elle doit se soumettre à des dialyses régulières pour épurer son sang en attendant une hypothétique greffe de rein. Au début de nos rencontres, elle exprimait sa révolte face à la maladie, son sentiment d’injustice de devoir dépendre d’une machine pour survivre, son angoisse pour le futur, sa tristesse aussi. Puis, avec le temps, son discours a changé. « Je me suis mise à penser que la maladie et les contraintes de son traitement avaient du bon », dit-elle en souriant. Car, Cécile a appris à apprécier le moment présent.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Septembre 2013

    Maria à quarante-trois ans. Divorcée, mère de deux adolescents, elle a dû fuir son pays ravagé par la guerre civile. Depuis, elle vit en Belgique où son diplôme de dentiste n’est pas reconnu. « Je ne peux donc pas exercer la profession pour laquelle j’ai été formée », explique-t-elle. Obligée de travailler pour nourrir et éduquer ses enfants, elle a été engagée comme technicienne de surface pour nettoyer des bureaux, la nuit, dans les tours du Quartier Nord à Bruxelles. « Dit plus simplement, je travaille comme femme de ménage », commente-t-elle avec humour. Je connais Maria depuis cinq ans ; je ne l’ai jamais vue de mauvaise humeur. Nous nous sommes rencontrés à ma consultation car un cancer du sein l’avait incitée à entamer une psychothérapie. Non pas qu’elle se sentait « malade » mais, simplement, elle désirait regarder en face de vieilles blessures psychologiques, les nommer, les apprivoiser et même s’en débarrasser. « Je suis convaincue que cela m’aidera à guérir ce cancer », m’avait-elle annoncé d’emblée. Son cancer est à présent guéri cependant Maria continue à fréquenter ma consultation. C’est pour elle l’occasion de se poser, de revenir à elle et de se ressourcer. Car son travail de nuit combiné à l’éducation de deux adolescents est éprouvant. Certains jours, je lui trouve le teint pâle, la mine fatiguée. Elle m’avoue être épuisée mais cela ne l’empêche pas de sourire. Même lorsqu’elle a appris que l’entreprise pour laquelle elle travaille risquait de la licencier.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juillet-Août 2013

    Il était une fois un vieux sultan qui, pressentant la mort approcher, réclama son fils à son chevet afin de lui léguer ce qu’il avait de plus précieux : un bel anneau d’or surmonté d’une volumineuse pierre bleue sous laquelle on pouvait dissimuler une mèche de cheveux, le souvenir d’un être aimé ou du poison destiné à tuer un ennemi. « Tu vois cette bague, dit le sultan, à l’intérieur tu trouveras la solution au pire des problèmes de l’existence. Passe-la à ton doigt et prometsmoi de ne l’ouvrir qu’au moment où tu n’auras pas d’autre choix, car la solution magique qu’elle contient ne te servira qu’une seule fois. » À peine eut-il prononcé ces mots, le vieux sultan rendit son dernier soupir. Quelques années plus tard, le nouveau sultan régnait sur un royaume prospère et en paix. La favorite de ses épouses s’apprêtait à donner naissance à un fils, un héritier pour le trône. Malheureusement, la jeune femme mourut en couches. Désespéré, le monarque resta prostré au fond de ses appartements durant de nombreuses semaines. Il refusait de s’alimenter et plusieurs fois il pensa à se donner la mort.

     

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  • 05 04 02 LLEH L argent  miroir de nos peurs

    Article de la LLEH du 02/04/2005

    « Connais-toi toi-même, tu connaîtras les autres, les dieux et l’univers. » Serions-nous donc tous les mêmes ? Derrière leurs caractéristiques particulières, nos personnalités partageraient-elles des points communs à tous les humains ? C’est en tous les cas ce que de nombreux psychiatres, psychologues et psychothérapeutes découvrent au contact de ceux qui les consultent. Comme si les expériences de la vie, en apparence uniques et exceptionnelles, cachaient des traumatismes très semblables. Ainsi, les expériences difficiles de notre vie forment le creuset de notre personnalité. Nos stratégies de survie construisent notre individualité.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2013

    L’autre jour, dans le métro parisien, j’ai surpris une conversation entre deux jeunes femmes. Vous allez me dire que cela ne se fait pas. Je le sais mais n’ai pas pu résister car le débat qu’elles avaient engagé était passionnant. Je vous raconte (en prenant soin de changer les prénoms de ces deux personnes ; discrétion oblige, bien sûr). Sandra et Noémie étaient donc en train de discuter à propos d’un appel téléphonique que Noémie aurait dû faire à son petit ami avec lequel elle s’était disputée la veille au soir. « Je ne l’appellerai pas, déclara-t-elle énervée. De toute façon, cela ne servirait à rien car il ne voudrait pas m’écouter. Et puis, même si il m’écoutait, il ne comprendrait pas ce que j’ai à lui dire. C’est un con, un point c’est tout. Je ne veux plus jamais entendre parler de lui ! » Habitué à scruter le regard d’autrui lors de mes consultations, j’avais beaucoup de mal à croire le discours de Noémie. Sandra partageait mon avis. « Je ne te crois pas, tu crèves d’envie de l’appeler mais tu n’oses pas. Voilà la vérité ! », dit-elle à son amie de plus en plus courroucée. Sandra avait raison : Noémie avait peur d’appeler son petit ami. Car elle craignait qu’il ne l’écoute pas ou, bien pire, qu’il ne comprenne pas ce qu’elle avait à lui dire.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Avril 2013

    Avril est le mois de mon anniversaire. J’ai pris l’habitude de le consacrer à des projets qui me tiennent à coeur. Ainsi, chaque année, à la même période, je me libère de mes obligations afin de pouvoir faire ce qui me plaît véritablement. Je lis, j’écris, je voyage, je partage. Je danse, je ris, je respire. Et, détail très important, je me permets d’en éprouver du plaisir sans culpabiliser, en goûtant pleinement la joie d’être ce que je suis, tout simplement. Un de mes amis m’a dit qu’il fallait certainement beaucoup d’estime de soi pour se permettre une telle liberté. Je ne pense pas que cela soit exact. Ce qu’il faut c’est plutôt de la compassion pour soi-même. La nuance est importante. L’estime de soi est le résultat d’une auto-évaluation et, souvent, d’une comparaison avec les autres. Elle se construit sur l’accomplissement de certains objectifs que l’on s’était fixés. Elle se nourrit des performances qui révèlent nos compétences et renforcent notre confiance en nous-même. La compassion pour soi, quant à elle, ne réclame ni accomplissement ni performance. Elle n’est le résultat d’aucune comparaison avec autrui. Au contraire.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mars 2013

    Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au rôle des affects dans la santé, j’ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier les émotions. Émotions positives, émotions négatives. Les mots « positif » et « négatif » ont une connotation subjective qui ne me paraissait pas appropriée pour décrire les phénomènes émotionnels d’un point de vue objectif et scientifique. Un ami psychologue m’a alors affirmé que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Je lui fis remarquer que les émotions positives n’ont pas toujours des effets positifs. Des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger. Certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes, ne se reposent pas suffisamment, ne suivent pas sérieusement leur traitement et, du coup, réduisent leurs chances de guérir. De la même manière, les émotions négatives n’ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, par exemple, la peur provoquée par un événement vécu dans le moment présent permet d’éviter certains dangers. La colère exprimée de façon non agressive, dans l’affirmation de soi et la créativité, peut se révéler une formidable force de vie, notamment chez des personnes malades. Un autre ami, moine bouddhiste, m’expliqua qu’il valait mieux qualifier les émotions négatives de « destructrices ». Cet adjectif décrit effectivement une conséquence possible des émotions négatives.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Février 2013

    Noël est déjà loin. Les lumières de la fête se sont éteintes mais, pour bon nombre d'entre nous, elles brilleront longtemps dans les souvenirs. Un beau sapin, de nombreux cadeaux, la famille réunie autour d'un savoureux repas. Lorsque j'y pense, j'éprouve une certaine tristesse car, pour moi, quelque chose est venu ternir ces moments de réjouissance. Un fait qui peut paraître anodin mais que je crois très important. Loin de moi l'idée de faire un procès à quiconque. Néanmoins, j'ai décidé de vous en parler. L'affaire remonte à la nuit du 24 décembre. Nous étions réunis autour de l'arbre. Mes neveux et mes nièces déballaient leurs cadeaux dans l'excitation et la bonne humeur. À peine avaient-ils ouvert un paquet qu'ils se jetaient sur un autre, sans vraiment prendre le temps de découvrir le présent qu'ils venaient de recevoir. Sans, non plus, dire merci à celui ou à celle qui le leur avait offert. Plus tard, nous nous sommes quittés, comme si aucun cadeau n'avait été échangé. Pas une fois au cours de la soirée, ils n'avaient exprimé leur gratitude. Cela m'a fait de la peine. Non pas pour moi mais pour eux.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2013

    Imaginez un enfant à l'allure chétive, le thorax déformé, les jambes tordues, mal à l'aise dans son corps, complexé et extrêmement émotif, moqué par ses camarades de classe à cause de sa trop grande sensibilité et, du coup, se tenant à l'écart, condamné à la solitude. Lorsque je me souviens de ce petit garçon, je ressens encore la souffrance que j'éprouvais alors. J'avais peur de tout. Peur des autres, peur de moi, peur de monter sur une chaise ou d'attraper un ballon. Je me tenais en dehors de la vie, j'étais triste et souvent désespéré. Heureusement, vers l'âge de dix ans, j'ai découvert la danse. C'est elle qui m'a sauvé. J'ignore ce qui m'a poussé à danser. Un instinct de survie, probablement. Mais aussi un sens du rythme qui éveillait des émotions fortes lorsque j'écoutais de la musique. Des émotions joyeuses, confiantes et libérées. De la fluidité et du plaisir. Un plaisir vécu dans le corps. Cela n'avait rien à voir avec le contentement que j'éprouvais à la lecture ou à la rêverie. Tout à coup, je me suis autorisé des mouvements que je n'avais jamais osé effectuer auparavant. La danse m'a donné le goût de m'incarner. Plus j'habitais mon corps, plus je désirais en faire l'expérience. Ce fut une découverte à la fois extérieure et intérieure, une exploration de l'espace autour de moi en même temps qu'une appropriation de l'espace en moi. Une source d'apaisement. 

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Décembre 2012

    Décembre 2012 : le mois de tous les dangers. Nous y voilà arrivés. La première fois que j'ai entendu parler de cette date fatidique, c'était en 1999. Je venais de mettre un terme à ma carrière de chirurgien et j'avais le projet d'écrire un roman dont l'action se situait entre Paris, Londres, la Californie et la forêt guatémaltèque. Le synopsis mettait en scène une jeune femme inspecteur de police, séduisante et intrépide, confrontée à une secte millénariste qui prédisait la fin du monde pour le 20/12/2012. J'espérais à travers ce thriller esotérico-philosophique partager une réflexion à propos de l'évolution de notre civilisation. Malheureusement, en voulant exposer mes idées, je n'avais pas laissé suffisamment de place à mes personnages. De l'avis de plusieurs éditeurs, mon texte n'était pas assez romanesque. J'aurais mieux fait d'écrire un essai. Les recherches que j'effectuai alors m'amenèrent à consulter une série de documents selon lesquels le calendrier maya prophétisait la fin du monde pour le 20/12/2012. À l'époque, j'étais loin d'imaginer que cette information susciterait autant de passions et ferait la fortune de nombreux auteurs et cinéastes habitués à surfer sur la vague des angoisses collectives.

     

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Thierry Janssen

Médecin et psychothérapeute

Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société (www.thierryjanssen.com). Il enseigne au Centre universitaire SigmundFreud, à Paris (www.sfu-paris.fr) et il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique, à Bruxelles (www.edlpt.com).

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Ouvrages

Le Travail d’une vie (2001), Vivre en paix (2008), La Solution intérieure (2011), La maladie a-t-elle un sens? (2010), Le Défi positif (2011), Confidences d’un homme en quête de cohérence (2012), tous réédités chez Marabout ou Pocket.