• psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Mai 2012

    Sept milliards d'êtres humains sur une petite planète dont les ressources naturelles s'épuisent à grande vitesse, confrontés à un réchauffement climatique qui risque de modifier les priorités. Occupation des terres arables, exploitation des réserves énergétiques, partage de la nourriture, accès à l'eau potable. L'un des enjeux majeurs du XXIème siècle est sans nul doute la cohabitation pacifique entre les peuples et, au sein des peuples, la coopération entre les citoyens. Je pense donc qu'il n'y a pas de sujet plus urgent à débattre que celui de l'entraide et de l'altruisme. Pour beaucoup de gens, le véritable altruisme n'existe pas . Que faut-il penser alors de ces expérimentations où des singes se privent de nourriture afin d'éviter qu'une décharge éléctrique soit infligée à leurs congénères ? Existe-t-il chez certains animaux la potentialité d'une générosité gratuite envers autrui dans le seul souci de son bien-être ? De nombreux exemples observés dans la nature tendent à le prouver : des mâles primates forment un pont avec leurs corps au péril de leur vie afin de permettre à une mère et à son petit de passer d'un arbre à l'autre, des éléphants s'occupent d'une vieille femelle aveugle, des dauphins soutiennent leur compagnon blessé pour le faire respirer à la surface.

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juin 2012

    Il y a quelques semaines, je me suis rendu à Dharamsala, afin d'y visiter une série de projets humanitaires financés par Graines d'Avenir1 – une association sans but lucratif créée par mon amie Véronique Jannot et récemment fusionnée avec l'association Nyanjay Compassion dont je suis le parrain depuis plusieurs années. Dharamsala est le siège du gouvernement tibétain en exil et la résidence officielle du 14ème dalaï lama. Depuis plus de cinquante ans, des dizaines de milliers de Tibétains y ont trouvé refuge avant de s'installer en Inde, au Népal ou dans les pays occidentaux. Environ vingt mille exilés y séjournent dans des conditions très précaires. Des logements exigus, non chauffés et sans confort, des hivers froids, une courte saison ensoleillée et trois mois de mousson très arrosés ; un manque cruel de débouchés professionnels. Déracinés, isolés et sans famille, de nombreux réfugiés survivent tant bien que mal grâce à l'aide humanitaire. Plus de deux mille enfants vivent dans les TCV (Tibetan Children's Villages)2 créés par Jetsun Pema, la soeur cadette du dalaï lama. Ils sont orphelins ou séparés de leurs parents qui les ont envoyés en Inde afin de leur épargner les brimades et les tortures des autorités chinoises.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juillet 2012

    Shin Dong-hyuk est né en 1982 dans le Camp 14, le plus pénible des camps de travail de la Corée du Nord. Son père et sa mère ont été condamnés à être emprisonnés à vie à cause de leur parenté avec des « ennemis du régime ». Ils ont acquis le droit de s'unir en dépassant leur quota de production, en espionnant leurs co-détenus et en dénonçant toutes infractions aux règles du camp. Ils n'ont pas pu choisir leur conjoint et, à l'occasion de leurs « noces », ils n'ont été autorisés à dormir ensemble que cinq nuits consécutives. Shin n'a jamais rien connu d'autre que les punitions corporelles et les privations physiques. Il vit avec sa mère et son frère, en compétition permanente pour obtenir un peu de nourriture. Sa mère lui vole sa ration, il vole sa mère. Et lorsqu'il a trop faim, il fouille les excréments des vaches pour y récupérer quelques grains de maïs. Les jours de chance, il capture quelques insectes ou un rat qu'il mange cru. Il ne voit pratiquement jamais son père, détenu dans un autre endroit du camp. Sa mère le bat. Comme des centaines d'autres enfants, Shin est un produit du Camp 14, le cobaye d'une expérimentation de déshumanisation. À l'âge de 14 ans, afin d'échapper aux représailles de ses gardiens, il dénonce un plan d'évasion élaboré en secret par son frère et sa mère.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Septembre 2012

    Septembre. Que de souvenirs associés à ce mois de rentrée des classes. La cour de récréation, mes camarades, nos jeux, nos joies, nos disputes aussi, nos pleurs et le sentiment de désespoir qui les accompagnait. Le monde de l'enfance est un monde cruel et sans pitié où les rapports interpersonnels sont vécus au premier degré, noyés dans l'émotion sans être passés à travers le filtre de la raison. Un monde de vérité où il n'est pas permis de tricher. Je me rappelle de Thibault que nous appelions « le marsien ». Il passait son temps seul, à l'écart, persuadé que les autres écoliers ne l'appréciaient pas et n'accepteraient jamais de l'inclure dans leurs jeux. C'était pourtant un garçon formidable, doté d'une imagination débordante, extrêmement sensible. Probablement trop sensible. À force d'avoir peur d'être rejeté par les autres, il s'excluait lui-même et finissait par provoquer le rejet qu'il redoutait. Convaincu qu'il n'y avait pas de place pour lui, il ne prenait pas sa place et laissait les autres occuper le terrain ce qui, au bout du compte, lui permettait d'affirmer qu'il avait raison de penser qu'il n'y aurait jamais de place de pour lui. Je me souviens de Yves, « le geignard », qui se plaignait à longueur de journée. Nous l'appelions aussi « pot de colle » tant il était fusionnel et exclusif dans ses relations avec nous. Je réalise aujourd'hui qu'en fait ce garçon avait peur d'être abandonné.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2012

    Lionel avait quarante-trois ans lorsqu'une bronchite difficile à guérir l'a incité à consulter un pneumologue. Ce dernier lui diagnostiqua une tumeur cancéreuse au niveau du poumon droit. Malheureusement la chirurgie et la chimiothérapie ne suffirent pas pour arrêter la progression de la maladie. D'autres tumeurs apparurent dans le poumon gauche, puis autour du coeur et dans le cerveau. Loin de se décourager, Lionel consulta d'autres spécialistes, il se rendit même à New York avec l'espoir de pouvoir bénéficier d'un protocole thérapeutique plus efficace. Il ne voulait pas mourir. Quarante-trois ans, quatre enfants encore petits et une épouse sans aucune qualification professionnelle. Il ne pouvait se résoudre à l'idée de partir si tôt. C'était trop tôt. Il voulait tenter l'impossible pour s'en sortir même si, il le savait, ses chances de guérison étaient faibles. Son but n'était pas tant de guérir que de rester en vie le plus longtemps possible. Les médecins lui proposèrent tout ce qu'ils avaient à leur disposition, des traitements les plus classiques aux remèdes encore expérimentaux. Rien n'y fit. Lionel commença à perdre du poids, il s'affaiblit et, après six mois de combat acharné, il dû se résoudre à rester alité, puis à être hospitalisé.

     

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  • Pour Thierry Janssen, médecin devenu psychothérapeute, nos émotions sont notre moteur. Afin de préserver cette énergie, il est crucial d’être en harmonie avec nos pensées, notre discours et nos actes.

    Chirurgien, Thierry Janssen est devenu psychothérapeute en réaction à une médecine qu’il jugeait trop spécialisée, quand lui aurait privilégié une approche pluridisciplinaire, holistique. Après avoir pris brusquement conscience qu’il manquait de « cohérence », il s’est orienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladies physiques. Il est devenu un auteur et conférencier réputé. Certains de ses livres sont d’ailleurs des best-sellers, notamment « La Solution intérieure », « La maladie a-t-elle un sens ? » (Fayard, 2006 et 2008), « Le Défi positif » et « Confidences d’un homme en quête de cohérence » (Les liens qui libèrent, 2011 et 2012). Pour lui, l’être est un tout, fait de plusieurs composantes : la matière (le corps), l’énergie (les émotions) et l’information (les pensées), l’énergie étant le pivot permettant la communication entre corps et esprit. Pour éviter une déperdition d’énergie, et donc mettre toutes les chances de notre côté pour rester en bonne santé, il est crucial d’être « cohérent ». Explications.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2013

    Imaginez un enfant à l'allure chétive, le thorax déformé, les jambes tordues, mal à l'aise dans son corps, complexé et extrêmement émotif, moqué par ses camarades de classe à cause de sa trop grande sensibilité et, du coup, se tenant à l'écart, condamné à la solitude. Lorsque je me souviens de ce petit garçon, je ressens encore la souffrance que j'éprouvais alors. J'avais peur de tout. Peur des autres, peur de moi, peur de monter sur une chaise ou d'attraper un ballon. Je me tenais en dehors de la vie, j'étais triste et souvent désespéré. Heureusement, vers l'âge de dix ans, j'ai découvert la danse. C'est elle qui m'a sauvé. J'ignore ce qui m'a poussé à danser. Un instinct de survie, probablement. Mais aussi un sens du rythme qui éveillait des émotions fortes lorsque j'écoutais de la musique. Des émotions joyeuses, confiantes et libérées. De la fluidité et du plaisir. Un plaisir vécu dans le corps. Cela n'avait rien à voir avec le contentement que j'éprouvais à la lecture ou à la rêverie. Tout à coup, je me suis autorisé des mouvements que je n'avais jamais osé effectuer auparavant. La danse m'a donné le goût de m'incarner. Plus j'habitais mon corps, plus je désirais en faire l'expérience. Ce fut une découverte à la fois extérieure et intérieure, une exploration de l'espace autour de moi en même temps qu'une appropriation de l'espace en moi. Une source d'apaisement. 

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Février 2013

    Noël est déjà loin. Les lumières de la fête se sont éteintes mais, pour bon nombre d'entre nous, elles brilleront longtemps dans les souvenirs. Un beau sapin, de nombreux cadeaux, la famille réunie autour d'un savoureux repas. Lorsque j'y pense, j'éprouve une certaine tristesse car, pour moi, quelque chose est venu ternir ces moments de réjouissance. Un fait qui peut paraître anodin mais que je crois très important. Loin de moi l'idée de faire un procès à quiconque. Néanmoins, j'ai décidé de vous en parler. L'affaire remonte à la nuit du 24 décembre. Nous étions réunis autour de l'arbre. Mes neveux et mes nièces déballaient leurs cadeaux dans l'excitation et la bonne humeur. À peine avaient-ils ouvert un paquet qu'ils se jetaient sur un autre, sans vraiment prendre le temps de découvrir le présent qu'ils venaient de recevoir. Sans, non plus, dire merci à celui ou à celle qui le leur avait offert. Plus tard, nous nous sommes quittés, comme si aucun cadeau n'avait été échangé. Pas une fois au cours de la soirée, ils n'avaient exprimé leur gratitude. Cela m'a fait de la peine. Non pas pour moi mais pour eux.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mars 2013

    Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au rôle des affects dans la santé, j’ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier les émotions. Émotions positives, émotions négatives. Les mots « positif » et « négatif » ont une connotation subjective qui ne me paraissait pas appropriée pour décrire les phénomènes émotionnels d’un point de vue objectif et scientifique. Un ami psychologue m’a alors affirmé que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Je lui fis remarquer que les émotions positives n’ont pas toujours des effets positifs. Des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger. Certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes, ne se reposent pas suffisamment, ne suivent pas sérieusement leur traitement et, du coup, réduisent leurs chances de guérir. De la même manière, les émotions négatives n’ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, par exemple, la peur provoquée par un événement vécu dans le moment présent permet d’éviter certains dangers. La colère exprimée de façon non agressive, dans l’affirmation de soi et la créativité, peut se révéler une formidable force de vie, notamment chez des personnes malades. Un autre ami, moine bouddhiste, m’expliqua qu’il valait mieux qualifier les émotions négatives de « destructrices ». Cet adjectif décrit effectivement une conséquence possible des émotions négatives.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Avril 2013

    Avril est le mois de mon anniversaire. J’ai pris l’habitude de le consacrer à des projets qui me tiennent à coeur. Ainsi, chaque année, à la même période, je me libère de mes obligations afin de pouvoir faire ce qui me plaît véritablement. Je lis, j’écris, je voyage, je partage. Je danse, je ris, je respire. Et, détail très important, je me permets d’en éprouver du plaisir sans culpabiliser, en goûtant pleinement la joie d’être ce que je suis, tout simplement. Un de mes amis m’a dit qu’il fallait certainement beaucoup d’estime de soi pour se permettre une telle liberté. Je ne pense pas que cela soit exact. Ce qu’il faut c’est plutôt de la compassion pour soi-même. La nuance est importante. L’estime de soi est le résultat d’une auto-évaluation et, souvent, d’une comparaison avec les autres. Elle se construit sur l’accomplissement de certains objectifs que l’on s’était fixés. Elle se nourrit des performances qui révèlent nos compétences et renforcent notre confiance en nous-même. La compassion pour soi, quant à elle, ne réclame ni accomplissement ni performance. Elle n’est le résultat d’aucune comparaison avec autrui. Au contraire.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2013

    L’autre jour, dans le métro parisien, j’ai surpris une conversation entre deux jeunes femmes. Vous allez me dire que cela ne se fait pas. Je le sais mais n’ai pas pu résister car le débat qu’elles avaient engagé était passionnant. Je vous raconte (en prenant soin de changer les prénoms de ces deux personnes ; discrétion oblige, bien sûr). Sandra et Noémie étaient donc en train de discuter à propos d’un appel téléphonique que Noémie aurait dû faire à son petit ami avec lequel elle s’était disputée la veille au soir. « Je ne l’appellerai pas, déclara-t-elle énervée. De toute façon, cela ne servirait à rien car il ne voudrait pas m’écouter. Et puis, même si il m’écoutait, il ne comprendrait pas ce que j’ai à lui dire. C’est un con, un point c’est tout. Je ne veux plus jamais entendre parler de lui ! » Habitué à scruter le regard d’autrui lors de mes consultations, j’avais beaucoup de mal à croire le discours de Noémie. Sandra partageait mon avis. « Je ne te crois pas, tu crèves d’envie de l’appeler mais tu n’oses pas. Voilà la vérité ! », dit-elle à son amie de plus en plus courroucée. Sandra avait raison : Noémie avait peur d’appeler son petit ami. Car elle craignait qu’il ne l’écoute pas ou, bien pire, qu’il ne comprenne pas ce qu’elle avait à lui dire.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juin 2013

    Depuis une dizaine d’années j’accompagne psychologiquement des malades atteints de pathologies physiques. La plupart du temps, il s’agit de maladies chroniques dont un bon nombre sont des cancers. Car, pour beaucoup de gens, le cancer est une maladie qui se prolonge à travers de multiples traitements, des récidives ou, en cas de rémission, des contrôles réguliers sur le long terme. Certains de ces patients guérissent, d’autres pas. Mais, tous, ils se battent avec l’espoir d’aller mieux et de s’en sortir. Je rencontre alors des personnes qui recourent exclusivement aux traitements de la médecine dite « conventionnelle », d’autres qui choisissent de se soigner en plus à l’aide de traitements complémentaires proposés par des médecines « non conventionnelles », et d’autres encore qui refusent les remèdes de la médecine conventionnelle et préfèrent ne s’en tenir qu’à des soins non conventionnels. Curieusement, j’observe des guérisons et des échecs thérapeutiques dans les trois catégories de patients. Et ce pour des cancers de même nature, au même stade d’avancement et avec le même degré d’agressivité. On est donc en devoir de se demander ce qui aide vraiment les malades à guérir.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juillet-Août 2013

    Il était une fois un vieux sultan qui, pressentant la mort approcher, réclama son fils à son chevet afin de lui léguer ce qu’il avait de plus précieux : un bel anneau d’or surmonté d’une volumineuse pierre bleue sous laquelle on pouvait dissimuler une mèche de cheveux, le souvenir d’un être aimé ou du poison destiné à tuer un ennemi. « Tu vois cette bague, dit le sultan, à l’intérieur tu trouveras la solution au pire des problèmes de l’existence. Passe-la à ton doigt et prometsmoi de ne l’ouvrir qu’au moment où tu n’auras pas d’autre choix, car la solution magique qu’elle contient ne te servira qu’une seule fois. » À peine eut-il prononcé ces mots, le vieux sultan rendit son dernier soupir. Quelques années plus tard, le nouveau sultan régnait sur un royaume prospère et en paix. La favorite de ses épouses s’apprêtait à donner naissance à un fils, un héritier pour le trône. Malheureusement, la jeune femme mourut en couches. Désespéré, le monarque resta prostré au fond de ses appartements durant de nombreuses semaines. Il refusait de s’alimenter et plusieurs fois il pensa à se donner la mort.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Septembre 2013

    Maria à quarante-trois ans. Divorcée, mère de deux adolescents, elle a dû fuir son pays ravagé par la guerre civile. Depuis, elle vit en Belgique où son diplôme de dentiste n’est pas reconnu. « Je ne peux donc pas exercer la profession pour laquelle j’ai été formée », explique-t-elle. Obligée de travailler pour nourrir et éduquer ses enfants, elle a été engagée comme technicienne de surface pour nettoyer des bureaux, la nuit, dans les tours du Quartier Nord à Bruxelles. « Dit plus simplement, je travaille comme femme de ménage », commente-t-elle avec humour. Je connais Maria depuis cinq ans ; je ne l’ai jamais vue de mauvaise humeur. Nous nous sommes rencontrés à ma consultation car un cancer du sein l’avait incitée à entamer une psychothérapie. Non pas qu’elle se sentait « malade » mais, simplement, elle désirait regarder en face de vieilles blessures psychologiques, les nommer, les apprivoiser et même s’en débarrasser. « Je suis convaincue que cela m’aidera à guérir ce cancer », m’avait-elle annoncé d’emblée. Son cancer est à présent guéri cependant Maria continue à fréquenter ma consultation. C’est pour elle l’occasion de se poser, de revenir à elle et de se ressourcer. Car son travail de nuit combiné à l’éducation de deux adolescents est éprouvant. Certains jours, je lui trouve le teint pâle, la mine fatiguée. Elle m’avoue être épuisée mais cela ne l’empêche pas de sourire. Même lorsqu’elle a appris que l’entreprise pour laquelle elle travaille risquait de la licencier.

     

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Thierry Janssen

Médecin et psychothérapeute

Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société (www.thierryjanssen.com). Il enseigne au Centre universitaire SigmundFreud, à Paris (www.sfu-paris.fr) et il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique, à Bruxelles (www.edlpt.com).

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Ouvrages

Le Travail d’une vie (2001), Vivre en paix (2008), La Solution intérieure (2011), La maladie a-t-elle un sens? (2010), Le Défi positif (2011), Confidences d’un homme en quête de cohérence (2012), tous réédités chez Marabout ou Pocket.