• nouvelles cles vertical

    Bon courage !

    Ecoutons-nous ce que nous disons ? Cette question peut paraître anodine, futile, voire même stupide. Et pourtant, lorsque l’on prend la peine d’y répondre, on découvre que nous ne sommes pas toujours conscients des intentions contenues dans nos discours. Pour s’en persuader, il suffit de prêter l’oreille aux formules habituellement utilisées pour clôturer les rencontres humaines. « Au revoir », « à bientôt », « good luck » (« bonne chance »), « take care » (« prenez bien soin de vous »), « que tout aille bien », « bonne route »…, et « bon courage » ! L’inventaire est vaste et tellement révélateur de notre manière de penser.

    Ainsi, par exemple, « au revoir » ou « à bientôt ». Ces mots expriment le souhait d’une nouvelle rencontre, d’un lien qui se perpétue dans le temps et, peut-être même – si l’intonation avec laquelle ils sont prononcés est en demande – le désir d’instaurer une véritable dépendance dans la relation… « A bientôt, j’espère ! » Cette petite phrase ne traduit pas du tout la même intention qu’une expression comme « take care ». « Prenez bien soin de vous » ne comporte pas le projet d’une nouvelle rencontre. Au contraire, cette formule enjoint à celui qui est quitté d’assumer son chemin tout seul, comme un grand ; et elle laisse entrevoir une certaine confiance dans le fait que l’autre a en lui les ressources nécessaires pour y
    parvenir.

     

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  • 05 06 06 LLEH Sculpter notre cerveau

    Article de la LLEH du 06/06/2005

    Dix fois, cent fois, mille fois, Jean répète son geste. Infatigable, en bon golfeur, il sait qu’il n’y a pas d’autres moyens pour améliorer la performance. Il faut que son geste devienne automatique, fluide et précis à la fois. La victoire est à ce prix. Une heure, dix heures, cent heures, Isabelle joue et rejoue un concerto pour piano. Persévérante, cette musicienne ne rechigne devant aucun effort. Ses doigts doivent toucher l’ivoire à la vitesse de l’éclair, dans un enchaînement d’accords qui raviront l’oreille des mélomanes avertis. Nous le savons tous : apprendre nécessite un entraînement. Ce que nous ignorons peut-être c’est que celui-ci provoque de profondes modifications dans notre cerveau. Le cerveau : cent milliards de neurones, dix mille connexions par neurones, un million de milliards de connexions. Un immense réseau parcouru d’influx électriques à la vitesse vertigineuse de 300 kilomètres/heure. On le croyait figé, incapable de régénération ou de réorganisation. Depuis quelques années, on sait qu’il n’en est rien. Au contraire, cet amas de neurones est le siège de remaniements constants. Certaines connexions, peu utilisées, tendent à disparaître alors que d’autres, plus sollicitées, se renforcent. Des circuits neuronaux sont activés ou désactivés en fonction des nécessités. Il existe donc une véritable plasticité neuronale. Celle-ci est à la base des mécanismes du conditionnement, de la mémoire et de l’apprentissage. Elle sous-tend nos capacités d’adaptation.

     

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  • 05 09 03 LLEH Le paradoxe de l epicurienArticle de la LLEH du 03/09/2005

    Une vaste enquête menée par le psychologue américain Mihaly Csikszentmihalyi, auprès d’une centaine d’hommes et de femmes, interrogés à différents moments de la journée durant une semaine, révèle que la plupart des gens éprouvent davantage d’expériences positives au travail que pendant les périodes de loisirs. On se serait attendu au contraire. Et pourtant : au travail, les sujets interrogés se déclarent stimulés par des défis, heureux, créatifs et joyeux; en revanche, durant leur temps libre, ils se sentent passifs, ils utilisent peu leurs capacités et ils sont insatisfaits. Plus étonnant encore : en dépit d’une plus grande satisfaction procurée par le travail que par les loisirs, la majorité des personnes de l’étude souhaitaient travailler moins et avoir plus de temps libre ! Comment expliquer ce paradoxe ? Sans doute par l’influence d’un stéréotype profondément ancré dans la conscience collective : le travail est une activité non désirable, à éviter. À part pour quelques « originaux » qui font du travail leur loisir préféré. Linus Pauling, par exemple, prix Nobel de chimie et de la paix, déclarait : « je peux tout aussi bien dire que j’ai travaillé sans arrêt toute ma vie ou que je n’ai jamais travaillé. » Autre explication à cette étrange attitude de rejet du travail par des gens satisfaits de travailler : la nécessité de récupérer. En effet, il n’est pas possible de maintenir une activité intense et une forte concentration sans s’arrêter

     

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    psycho bel_2011_janvierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2011

    Voici donc arrivé le début d'une nouvelle année. C'est le moment de se souhaiter plein de bonnes choses. Je ne me déroberai pas à la tradition. Je vous souhaite donc une bonne vie, une belle vie. Oui, vous avez bien lu : je ne vous parle pas de bonne santé. Tout simplement parce que je rencontre tous les jours des malades qui, malgré leurs souffrances et leurs difficultés, me disent qu'ils ont une bonne et une belle vie. Je ne vous parle pas non plus d'une heureuse année. Car, le bonheur ne tombe pas du ciel, il dépend souvent de la manière dont nous jugeons les évènements de notre vie. Il dépend surtout de la façon dont nous vivons notre existence. Les anciens Grecs avaient un très joli mot pour parler du bonheur : l'eudaimonia – de eu (qui signifie « bon ») et daimon (à l'époque on croyait que chacun portait en lui une sorte de « génie personnel intérieur », intermédiaire entre les dieux et les mortels, qui inspirait les jugements et les actions).

     

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  • 03 11 29 LLEH La colere rage de vivre.jpgArticle de la LLEH du 29/11/2003

    Les émotions, un atout Pourtant, au début des années 70, l’émergence de nouveaux paradigmes dément les théories rationalistes et déterministes. Les émotions se retrouvent alors au centre du concept d’une nature humaine informationnelle. Annoncée par Edgar Morin dans LE PARADIGME PERDU : LA NATURE HUMAINE, l’importance de notre dimension émotionnelle sera rapidement confirmée par les découvertes de la neurobiologie. Ainsi pour Antonio Damasio le constat est clair : ce qui perturbe les mécanismes cognitifs, ce n’est pas l’émotion, mais bien l’impossibilité d’en éprouver. Daniel Goleman le souligne dans L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE : « Si la violence des sentiments peut s’avérer catastrophique pour le raisonnement, leur méconnaissance peut être tout aussi désastreuse ». Abandonnant leur statut d’handicap, les émotions deviennent donc un atout. Bien plus, elles constituent la substance de notre identité humaine, la nature de notre âme, le moteur de notre existence.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2014

    Il y a quelques années, une jeune femme m’appela pour que je reçoive sa maman à ma consultation. Cette dernière souffrait d’un cancer du sein avec des métastases osseuses. En entendant le nom de la patiente, je me souvins l’avoir rencontrée cinq ans auparavant. Elle était alors venue me demander mon avis thérapeutique suite à la découverte d’une petite tumeur cancéreuse dans son sein droit. Ayant lu mon livre La Solution intérieure, cette dame considérait que je faisais partie des médecins avec « un esprit suffisamment ouvert » pour confirmer que son cancer était d’origine psychologique. Je lui avais répondu que, par souci de garder l’esprit ouvert (comme elle disait si bien), je n’étais pas d’accord avec elle. Car, à l’instar de la plupart des maladies, bon nombre de cancers sont probablement causés par un ensemble de facteurs qui, séparément, ne sont pas dangereux mais, agissant ensemble, entraînent une perturbation responsable de la cancérisation de certaines cellules. Parmi ces facteurs, il y a des prédispositions génétiques, des déséquilibres alimentaires, des influences toxiques, des lésions infectieuses et sans doute, chez certains patients, des tensions psychiques et du stress chronique. Affirmer que le cancer est d’origine exclusivement psychologique paraît aussi simpliste et caricatural que de dire que les troubles émotionnels et le stress n’interviennent jamais dans le phénomène de cancérisation. Face à ma réponse tout en nuances, la patiente avait quitté ma consultation en déclarant que je n’avais pas l’esprit aussi ouvert qu’elle l’avait imaginé. En dépit de mes recommandations, elle avait décidé de ne pas se faire opérer et encore moins de se soumettre à une chimiothérapie, persuadée qu’une psychothérapie suffirait à la guérir. Cinq ans plus tard, la petite tumeur du sein avait grossi au point de s’ulcérer à la peau et d’envahir le creux axillaire du côté droit.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Février 2014

    Rien de tel que le récit d’une histoire vraie pour faire passer un message essentiel. Celle que je vais vous raconter se déroule à la terrasse d’un café parisien, par une belle après-midi d’hiver. Je lisais tranquillement un journal lorsque mon attention a été détournée par la conversation entre deux femmes assises juste à côté. Vous me direz sans doute que la curiosité est un vilain défaut et que l’indiscrétion est une attitude absolument déplacée. Je ne pourrai vous contredire mais, si vous aviez entendu le ton de la discussion entamée par mes deux voisines, je pense que vous aussi auriez tendu l’oreille pour connaître l’objet de leur discorde. L’une des deux protagonistes (coiffée d’un bonnet en laine rouge) semblait particulièrement fâchée. L’autre (la tête découverte) l’écoutait sans répondre. La femme au bonnet rouge commençait toutes ses phrases par un « tu » accusateur. Son discours était une litanie de reproches. Égoïste, calculatrice, manipulatrice, menteuse, irrespectueuse, blessante, avare, opportuniste. Plus la liste s’allongeait, plus la femme à la tête découverte fermait les poings et serrait les dents. Je la sentais prête à exploser. Moi-même j’éprouvais de la tension en entendant les mots courroucés de la femme au bonnet rouge. La tentation de prendre part à la dispute des deux femmes était grande. Cependant, je n’en fis rien. Au contraire, je revins vers moi en respirant profondément. Je ressentis aussitôt une pression douloureuse dans ma poitrine.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Avril 2013

    Avril est le mois de mon anniversaire. J’ai pris l’habitude de le consacrer à des projets qui me tiennent à coeur. Ainsi, chaque année, à la même période, je me libère de mes obligations afin de pouvoir faire ce qui me plaît véritablement. Je lis, j’écris, je voyage, je partage. Je danse, je ris, je respire. Et, détail très important, je me permets d’en éprouver du plaisir sans culpabiliser, en goûtant pleinement la joie d’être ce que je suis, tout simplement. Un de mes amis m’a dit qu’il fallait certainement beaucoup d’estime de soi pour se permettre une telle liberté. Je ne pense pas que cela soit exact. Ce qu’il faut c’est plutôt de la compassion pour soi-même. La nuance est importante. L’estime de soi est le résultat d’une auto-évaluation et, souvent, d’une comparaison avec les autres. Elle se construit sur l’accomplissement de certains objectifs que l’on s’était fixés. Elle se nourrit des performances qui révèlent nos compétences et renforcent notre confiance en nous-même. La compassion pour soi, quant à elle, ne réclame ni accomplissement ni performance. Elle n’est le résultat d’aucune comparaison avec autrui. Au contraire.

     

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  • 04 03 06 LLEH Corps et ame

    Article de la LLEH du 06/03/2004

    C’est Wilhelm Reich qui le premier proposa de considérer le corps comme le résultat de notre évolution psychologique. Dans les années 40, son analyse des caractères corrélée avec ses observations des principaux types morphologiques crée une théorie originale. Élève de Reich, le médecin et psychanalyste américain Alexander Lowen compléta ses travaux et proposa une théorie psychosomatique basée sur les interactions entre l’énergie psychique et le corps. L’Analyse Bioénergétique de Lowen décrit cinq profils physiques en rapport avec cinq tendances psychologiques. Tout semble se passer comme si les expériences de notre vécu influençaient le développement neuro-musculaire de notre organisme. Ainsi, les émotions de notre passé sont inscrites dans les tensions de notre corps. Contractions, déviations, retraits et poussées influencent les lignes de notre anatomie et les contours de notre silhouette. Nos peurs et nos croyances se transmettant de génération en génération, nous héritons des traits de caractères et des particularités morphologiques de nos ancêtres. L’évolution de nos mentalités, les changements de notre perception du monde et de nous-mêmes conditionneraient donc des mutations morphologiques importantes et parfois rapides. C’est ce que les professionnels de l’industrie vestimentaire observent aujourd’hui : en une ou deux générations, non seulement
    la taille moyenne mais aussi les proportions des hanches et des torses se sont considérablement modifiées.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juillet 2012

    Shin Dong-hyuk est né en 1982 dans le Camp 14, le plus pénible des camps de travail de la Corée du Nord. Son père et sa mère ont été condamnés à être emprisonnés à vie à cause de leur parenté avec des « ennemis du régime ». Ils ont acquis le droit de s'unir en dépassant leur quota de production, en espionnant leurs co-détenus et en dénonçant toutes infractions aux règles du camp. Ils n'ont pas pu choisir leur conjoint et, à l'occasion de leurs « noces », ils n'ont été autorisés à dormir ensemble que cinq nuits consécutives. Shin n'a jamais rien connu d'autre que les punitions corporelles et les privations physiques. Il vit avec sa mère et son frère, en compétition permanente pour obtenir un peu de nourriture. Sa mère lui vole sa ration, il vole sa mère. Et lorsqu'il a trop faim, il fouille les excréments des vaches pour y récupérer quelques grains de maïs. Les jours de chance, il capture quelques insectes ou un rat qu'il mange cru. Il ne voit pratiquement jamais son père, détenu dans un autre endroit du camp. Sa mère le bat. Comme des centaines d'autres enfants, Shin est un produit du Camp 14, le cobaye d'une expérimentation de déshumanisation. À l'âge de 14 ans, afin d'échapper aux représailles de ses gardiens, il dénonce un plan d'évasion élaboré en secret par son frère et sa mère.

     

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    psycho bel_2011_novembreArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2011

    Il est une croyance extrêmement répandue selon laquelle nous sommes condamnés à nous battre et à nous livrer une véritable compétition les uns contre les autres. Cette théorie du struggle for life est née de l'interprétation des travaux de Charles Darwin par le sociologue anglais Herbert Spencer. Darwin s'insurgea contre cette « application brutale du principe de la sélection naturelle au sein des sociétés humaines ». Car l'idée que la vie ne peut se perpétuer qu'à travers un combat ne tient pas la route. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les exemples de coopération chez les abeilles, les termites ou les fourmis. Ou de se rappeler que nos lointains ancêtres des temps préhistoriques étaient bien trop peu nombreux pour se permettre le luxe de s'entretuer ; il leur fallait plutôt s'entraider et collaborer pour survivre. Pourtant les théories du « darwinisme social » de Spencer ont fini par imprégner l'ensemble de la civilisation occidentale, au point d'influencer les meilleurs scientifiques. Ainsi par exemple, dans les années 1930, le physiologiste américain Walter Cannon a affirmé que, face aux situations stressantes, nous n'avons pas d'autre choix que celui de nous battre ou de prendre la fuite. Lorsque l'on m'enseigna cette théorie de la réponse fight or flight, sur les bancs de la faculté de médecine, au début des années 1980, je fus sceptique.

     

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  • Pour Thierry Janssen, médecin devenu psychothérapeute, nos émotions sont notre moteur. Afin de préserver cette énergie, il est crucial d’être en harmonie avec nos pensées, notre discours et nos actes.

    Chirurgien, Thierry Janssen est devenu psychothérapeute en réaction à une médecine qu’il jugeait trop spécialisée, quand lui aurait privilégié une approche pluridisciplinaire, holistique. Après avoir pris brusquement conscience qu’il manquait de « cohérence », il s’est orienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladies physiques. Il est devenu un auteur et conférencier réputé. Certains de ses livres sont d’ailleurs des best-sellers, notamment « La Solution intérieure », « La maladie a-t-elle un sens ? » (Fayard, 2006 et 2008), « Le Défi positif » et « Confidences d’un homme en quête de cohérence » (Les liens qui libèrent, 2011 et 2012). Pour lui, l’être est un tout, fait de plusieurs composantes : la matière (le corps), l’énergie (les émotions) et l’information (les pensées), l’énergie étant le pivot permettant la communication entre corps et esprit. Pour éviter une déperdition d’énergie, et donc mettre toutes les chances de notre côté pour rester en bonne santé, il est crucial d’être « cohérent ». Explications.

     

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  • 03 09 27 LLEH Pour les hommes aussi

    Article de la LLEH du 27/09/2003

    Lorsqu’en 1902, Sigmund Freud crée la Société de psychanalyse, on était loin d’imaginer que l’ouverture des portes de l’inconscient déclencherait une véritable révolution dans la pensée occidentale. Un siècle plus tard, le langage psychologique fait partie intégrante de notre jargon quotidien. Les psychologues, psychiatres, psychanalystes et autres psychothérapeutes ont envahi les hôpitaux, les écoles, et même les entreprises où coatching et bilans de compétence sont devenus des outils au service de la renntabilité. Conférences, ateliers, séminaires, émission de télévision, livres et magazines consacrés à la psyché humaine prolifèrent d’une manière impressionnante. Initiée en Europe, cette révolution a mûri aux États-Unis où de nombreux thérapeutes trouvèrent asile durant la Seconde Guerre mondiale. Si l’Europe est longtemps restée fidèle aux préceptes de la psychanalyse, aux États-Unis de nombreux chercheurs se sont affranchis de l’orthodoxie freudienne et ont développé des approches très diverses. Ainsi, dans les années 60, l’intérêt pour les philosophies orientales, la libération féminine et la revalorisation du corps ont influencé un foisonnement d’idées novatrices. Les bases d’un changement culturel et sociétal très profond étaient posées. Aujourd’hui, on recense plus de 400 écoles et méthodes psy différentes. Le monde dans lequel nous vivons est devenu un immense laboratoire où l’on tente de redéfinir l’être humain et sa civilisation.

     

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    Article de Psychologie Magazine - Novembre 2014

    Le 28 juin dernier, vingt-sept ans après avoir obtenu mon diplôme de médecin, j’étais invité par le doyen de la faculté de médecine de l’université de Louvain, où j’ai fait mes études, à prendre la parole devant les trois cents diplômés de l’année 2014, leurs familles et l’ensemble de leurs professeurs. C’était merveilleux de contempler mes jeunes confrères, les yeux brillants de joie et de fierté.

    Je leur ai dit que le métier qu’ils ont choisi constitue une fonction sacrée dans le sens où il touche à la vie dans ce qu’elle a de plus sensible, de plus vrai, de plus cru et, souvent, de plus cruel ; qu’approcher autrui dans l’intimité de ses doutes, de ses angoisses et de sa souffrance est un privilège ; que cela demande beaucoup d’empathie et d’humilité ; qu’il faut apprivoiser ses propres peurs de la maladie et de la mort, pour ne pas tomber dans le piège de la volonté de toute-puissance ; que l’on ne soigne pas des maladies mais des malades – des êtres multidimensionnels qui perçoivent des sensations, éprouvent des émotions, ont des pensées, des espoirs et des convictions ; que notre compréhension scientifique de la réalité privilégie l’identification des détails au détriment d’une vision de la globalité ; que cela nous fait ignorer la complexité des liens qui existent entre les différents éléments de notre analyse ; que le peu d’importance accordée à ces liens est à l’origine des grandes crises qui se profilent à l’horizon de notre civilisation ;



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    Article de Psychologie Magazine - Décembre 2014

    Depuis quelques semaines, une pétition circule sur Internet afin de s’opposer au projet de rendre obligatoire le vaccin contre le papillomavirus (HPV) pour toutes les filles et tous les garçons, dès l’âge de 9 ans1. De nombreuses mères de famille s’interrogent. Doivent-elles faire vacciner leurs enfants ? Devraient-elles l’envisager pour elles-mêmes ? Les partisans de la vaccination anti-HPV pour tous les enfants avant la puberté insistent sur le fait que le virus est sexuellement transmissible, qu’il infecte plus de 80 % des femmes et que sa responsabilité est démontrée dans l’apparition du cancer du col de l’utérus – environ trois mille nouveaux cas et mille décès par an, en France. Ils diffusent des messages de sensibilisation qui laissent croire que la vaccination assure une protection totale contre le virus, donc contre le cancer. Et ils recommandent de vacciner les filles et les garçons avant tout rapport sexuel, car le vaccin ne protégerait plus aussi bien contre la maladie une fois l’infection installée.

    Les adversaires de la vaccination obligatoire réfutent cette argumentation en rappelant que 90 % des femmes infectées par le HPV guérissent spontanément et que, parmi les 10 % chez lesquelles l’infection perdure, les lésions précancéreuses qui peuvent apparaître au niveau du col utérin régressent de façon spontanée dans 30 à 60 % des cas. Ils rappellent également que les lésions persistantes peuvent être détectées par un frottis vaginal qu’il est recommandé d’effectuer au moins une fois tous les deux ans, que ce dépistage permet un traitement précoce des lésions et une prévention efficace du cancer,...

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2013

    L’autre jour, dans le métro parisien, j’ai surpris une conversation entre deux jeunes femmes. Vous allez me dire que cela ne se fait pas. Je le sais mais n’ai pas pu résister car le débat qu’elles avaient engagé était passionnant. Je vous raconte (en prenant soin de changer les prénoms de ces deux personnes ; discrétion oblige, bien sûr). Sandra et Noémie étaient donc en train de discuter à propos d’un appel téléphonique que Noémie aurait dû faire à son petit ami avec lequel elle s’était disputée la veille au soir. « Je ne l’appellerai pas, déclara-t-elle énervée. De toute façon, cela ne servirait à rien car il ne voudrait pas m’écouter. Et puis, même si il m’écoutait, il ne comprendrait pas ce que j’ai à lui dire. C’est un con, un point c’est tout. Je ne veux plus jamais entendre parler de lui ! » Habitué à scruter le regard d’autrui lors de mes consultations, j’avais beaucoup de mal à croire le discours de Noémie. Sandra partageait mon avis. « Je ne te crois pas, tu crèves d’envie de l’appeler mais tu n’oses pas. Voilà la vérité ! », dit-elle à son amie de plus en plus courroucée. Sandra avait raison : Noémie avait peur d’appeler son petit ami. Car elle craignait qu’il ne l’écoute pas ou, bien pire, qu’il ne comprenne pas ce qu’elle avait à lui dire.

     

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    psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Février 2011

    Récemment, une dame bien intentionnée m'a recommandé de lire les ouvrages de Lobsang Rampa car, me dit-elle, ils permettent de découvrir le chemin qui mène à l'éveil. Je lui répondis que ceux-ci avaient enchanté mon adolescence, il y a plus de trente ans. Le troisième oeil, tout d'abord, paru en 1956, qui est encore, de nos jours, un succès de librairie, où l'auteur raconte son enfance dans une lamaserie tibétaine, initié et « éveillé » afin de « voir les gens tels qu'ils sont et non plus comme ils font semblant d'être ». Le Lama médecin, ensuite, où le jeune Lobsang quitte le Tibet pour étudier la médecine en Chine, apprend à piloter des avions, s'engage dans l'armée, est fait prisonnier par les Japonais et finit par s'évader.

     

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  • psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juin 2012

    Il y a quelques semaines, je me suis rendu à Dharamsala, afin d'y visiter une série de projets humanitaires financés par Graines d'Avenir1 – une association sans but lucratif créée par mon amie Véronique Jannot et récemment fusionnée avec l'association Nyanjay Compassion dont je suis le parrain depuis plusieurs années. Dharamsala est le siège du gouvernement tibétain en exil et la résidence officielle du 14ème dalaï lama. Depuis plus de cinquante ans, des dizaines de milliers de Tibétains y ont trouvé refuge avant de s'installer en Inde, au Népal ou dans les pays occidentaux. Environ vingt mille exilés y séjournent dans des conditions très précaires. Des logements exigus, non chauffés et sans confort, des hivers froids, une courte saison ensoleillée et trois mois de mousson très arrosés ; un manque cruel de débouchés professionnels. Déracinés, isolés et sans famille, de nombreux réfugiés survivent tant bien que mal grâce à l'aide humanitaire. Plus de deux mille enfants vivent dans les TCV (Tibetan Children's Villages)2 créés par Jetsun Pema, la soeur cadette du dalaï lama. Ils sont orphelins ou séparés de leurs parents qui les ont envoyés en Inde afin de leur épargner les brimades et les tortures des autorités chinoises.

     

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    psycho bel_2011_octobreArticle de Psychologie Magazine - Octobre 2011

    Lorsque j'ai commencé à m'intéresser au rôle des affects dans la santé, j'ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier nos émotions. En effet, les mots « positif » et « négatif » me paraissaient un peu trop subjectifs pour décrire les phénomènes émotionnels d'une manière objective. Un ami psychologue m'affirma que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Cette explication ne me convainquit pas. Car les émotions dites positives n'ont pas toujours des effets positifs. Par exemple, des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger, ou bien certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes et ne se soignent pas comme il faudrait. De la même manière, les émotions dites négatives n'ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, la peur provoquée par des événements menaçants permet d'éviter certains dangers, tandis que la colère exprimée de façon non agressive peut se révéler être une formidable force de créativité.

     

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  • nouvelles cles vertical

    Jusqu’au bout de la logique

    Hervé a quarante-cinq ans, une femme, deux enfants et un travail qui le passionne ; il est directeur du marketing dans une importante fabrique de confiseries. Malheureusement, Hervé a aussi un héritage familial qui l’a conduit à déclencher un diabète quelques jours avant son quarante-quatrième anniversaire. « Mon médecin est formel, explique t-il. Le fait que mon père et mon grand-père aient été sujets à l’hyperglycémie me prédisposait à cette maladie. La tendance à avoir trop de sucre dans le sang serait donc familiale. Cependant, mon médecin a ajouté que mes mauvaises habitudes alimentaires y étaient aussi pour quelque chose. Je me serais fabriqué mon diabète, conclut-il. »

     

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Thierry Janssen

Médecin et psychothérapeute

Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société (www.thierryjanssen.com). Il enseigne au Centre universitaire SigmundFreud, à Paris (www.sfu-paris.fr) et il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique, à Bruxelles (www.edlpt.com).

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Ouvrages

Le Travail d’une vie (2001), Vivre en paix (2008), La Solution intérieure (2011), La maladie a-t-elle un sens? (2010), Le Défi positif (2011), Confidences d’un homme en quête de cohérence (2012), tous réédités chez Marabout ou Pocket.